Poitiers : intervention Snesup au CA de l’université

mercredi 5 février 2014
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Poitiers : intervention Snesup au CA de l’université
Les statuts ont été votés au CE de l’ESPE, mais dans un contexte tel que la marge de manœuvre était de toutes façons inexistante. Nous avons pu participer à la commission de rédaction des statuts, et avons proposé des commissions, ce qui a été accepté. Il est important en effet que les départements de formation, conseils de site, conseil de formateurs etc. continuent de fonctionner.
Les personnels ont donc voté les statuts, ce qui ne signifie pas du tout qu’il n’y ait plus de motif d’inquiétude. Au contraire : nous continuons d’avoir les mêmes motifs d’inquiétude et d’insatisfaction que l’an dernier.
On peut maintenant faire plusieurs constats :
- tous les aspects importants du fonctionnement de l’ESPE seront pris en charge par le COSP ou par conventionnement, donc sans regard des personnels. C’est une situation paradoxale : le partenariat, c’est quand tout se décide sans les personnels.
- constat que ce CE de composante n’est pas un conseil comme celui des autres composantes. Il comporte plus d’extérieurs ou désignés que d’élus et son premier vote, qui concernait le choix des deux personnalités extérieures qu’il devait désigner, a consisté à écarter des personnalités connaissant bien la formation et impliquées sur le terrain, au motif que justement il valait mieux choisir des personnes non impliquées dans la formation. La conséquence est que les collègues du 1er degré ne sont pas représentés dans ce CE.
Plus largement, on fait le constat de l’absence d’éléments de cadrage national suffisant, par exemple sur les aspects suivants, sur lesquels les collègues vont être amenés à réfléchir dans les prochaines semaines, et qui font aussi l’objet de discussions au Comité de suivi des ESPE :
- alternance : on a déjà dénoncé les grandes différences entre maquettes MEEF proposées dans les différentes ESPE (des variations allant jusqu’à 100 heures). Mais on peut dire maintenant que les conditions de stage des M2 sont aussi très différentes. Ainsi, sur Poitiers, les M2 sont en stage filé dans la même classe toute l’année. Dans d’autres académies, la polyvalence a été pensée dans le stage, permettant de voir plusieurs pratiques, niveaux et cycles. La question va se poser « grandeur nature » pour l’an prochain, pour un stage prévu à mi-temps en responsabilité dans une classe – ce que nous continuons de contester. Les propres chiffres du ministère vont dans ce sens : l’enquête de juin dernier (DEPP) montre que le temps de travail d’un enseignant débutant dans le premier degré est de 52 heures. Comment, même en divisant ce chiffre par deux, penser qu’il sera possible aux étudiants de mener un M2 en même temps ?
Nous remercions d’ailleurs le président d’avoir abordé ce problème dans son discours lors des vœux. Ce stage à mi-temps, à mener en même temps qu’un master, est trop lourd, il faut continuer de le dire, plus fort pour mobiliser.
- équipes pluricatégorielles : principe très fort dans la réforme, mis en avant comme un aspect positif. Mais concrètement ? Quelles possibilités de travail en équipe ? Quelles missions ? Quelle reconnaissance du travail de chacun ? Ces questions vont être posées à la direction de l’ESPE, et doivent être remontées au CEVU de l’université. Elles concernent aussi le rectorat puisque la question des tuteurs se pose : ils sont au centre du dispositif de formation, mais rappelons que dans le 2d degré, les tuteurs ne sont jusqu’à maintenant ni formés ni déchargés (contrairement aux collègues du 1er degré, qui ont la possibilité de passer une certification, difficile, mais qui leur permet d’être déchargés).
- situation des étudiants M1 non admis au concours : les préconisations ministérielles sont loin des réalités du terrain. Il faut qu’il y ait une discussion sur la proposition qui leur sera faite, après l’entretien d’orientation que prévoit la loi : master PIF, master MEEF, autre master, DU ?
 
Sur tous ces points, il faut des éléments de cadrage pour que l’offre de formation soit la même partout et que la mise en œuvre de la rentrée soit possible.