Une rentrée impossible pour les formateurs de l’ex-IUFM de Nantes

lundi 4 novembre 2013
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Une rentrée impossible pour les formateurs de l’ex-IUFM de Nantes
Les ESPE, Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education, ont été créées au premier septembre 2013. A Nantes c’est l’« ESPE – Académie de Nantes », qui fonctionne sur 5 sites départementaux (Nantes, La Roche-sur-Yon, Angers, Laval, Le Mans). Prévues dans la Loi de Refondation de l’Ecole, les ESPE se sont mises en place de manière précipitée. Les décrets organisant leurs modalités de fonctionnement, la composition des conseils, et fixant le cadre national des formations des masters MEEF qu’elles doivent délivrer, n’ont été publiés que le 29 août 2013. Avant cela, les personnels des ex-IUFM avaient déjà dû imaginer, dans l’urgence, de nouvelles maquettes répondant à la nouvelle architecture de la formation et aux nouvelles épreuves de concours (avant donc la publication officielle des formations et des concours !). De ce fait, il y a une grande disparité des formations proposées sur le territoire, tant concernant les contenus que les volumes d’enseignement.
Depuis l’élaboration des maquettes de formation au printemps et la rédaction du projet d’accréditation de l’École, le rectorat a montré sa volonté de prendre la main sur les contenus et l’organisation des formations, en écartant les universités et surtout les personnels de l’ESPE. Si la direction de celle-ci a été consultée, ce n’est pas le cas des formateurs. C’est aussi le rectorat qui a la main sur la définition du conseil d’école (comme le lui permettent les textes) et les statuts de l’Ecole ; là encore sans que les personnels ou leurs représentants n’aient leur mot à dire.
Répondant à l’invitation de Peillon, le rectorat et les inspecteurs cherchent à peser sur les contenus de formation. Une charte concernant les stages des étudiants dans les établissements et les écoles a par exemple été rédigée, qui donne une place centrale au chef d’établissement, liste les « obligations » du stagiaire, mais néglige absolument le travail de formation à l’ESPE. Pire encore, des inspecteurs ont été chargés d’aller dans les sites départementaux de l’ESPE pour réclamer les dossiers des formateurs second degré : serait-ce le signe que le rectorat veut désormais maîtriser le recrutement dans ces Écoles ? Nous verrons plus loin que d’autres éléments le laissent penser.
Les ESPE sont censées être des écoles universitaires, mais dans les faits elles ne le sont pas réellement. Elles en ont surtout les inconvénients, dont les difficultés budgétaires criantes des universités !

Mary David et Marie Haye
ESPE de Nantes
Le 04 novembre 2013