Le travail des formateurs de l’ex-IUFM déprécié au profit des IPR et des chefs d’établissement

lundi 4 novembre 2013
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Le travail des formateurs de l’ex-IUFM déprécié au profit des IPR et des chefs d’établissement
Les tentatives de reprise en main par le rectorat véhiculent le message selon lequel il faut faire table rase des IUFM, et ne surtout pas associer ses anciens personnels. Ceux-ci se sentent méprisés et leur travail dévalué.
C’est d’ailleurs ainsi qu’on peut interpréter l’insistance sur la place des « formateurs de terrain » dans la loi et les propos de Peillon : ils doivent assurer le tutorat dans les établissements et participer à la formation dans les ESPE. Concernant les tuteurs, s’ils étaient formés et travaillaient en lien avec ceux de l’ESPE, la formation y gagnerait certainement. Mais les budgets qui devaient être affectés à cette coordination ont mystérieusement disparu à la rentrée.
Plutôt que de favoriser le lien entre le « terrain » et la « théorie », il s’agit surtout de caser les enseignants et CPE désignés par l’inspection qui interviennent depuis 2010 dans la formation des stagiaires. Le dossier d’accréditation rédigé conjointement par l’ex-directeur de l’IUFM, et le doyen des IA-IPR, le dit très explicitement : « L’Education nationale dispose en interne de réseaux de formateurs sur des thématiques bien identifiées : gestion de classe, socle commun, accompagnement personnalisé... Ces enseignants ont vocation à devenir des ressources pour l’ESPE. Ils pourraient devenir un vivier pour les enseignants en poste partagé. ».
Toutes les formules éprouvées douloureusement par les étudiants et les stagiaires depuis 2010 sont reprises à l’identique. La formation et la titularisation restent principalement entre les mains des chefs d’établissement et des IPR, avec les effets dévastateurs que l’on sait. Ainsi, les chefs d’établissement et les IPR se taillent la part du lion dans la formation telle qu’elle s’annonce à l’ESPE. Toujours dans le dossier d’accréditation de l’ESPE, on peut lire : « Les chefs d’établissement interviennent dans la formation des professeurs en particulier lors des stages dans les établissements. [Ils] peuvent aussi directement intervenir dans la formation à la demande de l’ESPE dans le domaine « Contexte d’exercice du métier ». Les inspecteurs sont les interlocuteurs naturels de l’ESPE. »
Les décrets publiés fin août ne prévoient pas d’amélioration quant à la représentation des usagers dans les différents conseils de l’ESPE, puisque seuls ceux qui sont inscrits à l’ESPE, ou ceux qui y reçoivent plus de 100 heures de formation peuvent être représentés. Cela revient à exclure les fonctionnaires stagiaires, qui ne pourront ni voter, ni se porter candidats à ces élections. Par ailleurs, la composition de ces conseils laisse la part belle aux cadres de l’Université et du rectorat, au détriment des personnels et des usagers. Leurs représentants, minoritaires, ne seront pas en mesure de peser sur les décisions concernant l’ESPE.

Mary David et Marie Haye
ESPE de Nantes
Le 04 novembre 2013