Des procédures électorales inadmissibles

jeudi 14 novembre 2013
popularité : 64%

Des procédures électorales inadmissibles
L’organisation et le déroulement des élections pour l’ESPÉ de l’académie de Nantes sont une illustration de plus de l’impréparation de la réforme de la formation et de ses effets pervers.
Les listes électorales ont été modifiées plusieurs fois. L’administrateur provisoire a fait part aux organisations syndicales de plusieurs hypothèses sur leur périmètre : avec ou sans les stagiaires fonctionnaires, avec ou sans les étudiants et personnels des masters second degré non inscrits à l’ESPÉ. Finalement les listes définitives ont été arrêtées le jour même du dépôt des listes de candidature !
L’obligation de faire figurer autant de femmes que d’hommes sur les listes a produit un effet anti-paritaire : les femmes étant plus nombreuses dans certains collèges, elles se retrouvent sous-représentées. Il aurait suffi pour éviter cela d’exiger un nombre de femmes au moins égal à celui des hommes sur les listes de candidat-es.
Le manque d’informations fiables du ministère, sans doute dû à l’absence d’anticipation des questions et de la diversité des situations locales, a conduit à ces revirements de situation et à l’impossibilité pour les représentants d’anticiper le périmètre des listes donc la constitution des candidatures. Le travail fédéral a lui aussi été difficile à cause de l’éviction d’une partie des personnels syndiqués dans les premier et second degrés (stagiaires fonctionnaires).
Sur la composition du conseil d’école : les différents scénarii permis par la loi minorent tous le nombre des élus, mais de manière plus ou moins importante en fonction des décisions du recteur. Celui de Nantes a choisi de faire la plus petite place aux élus. Aucune concertation n’a eu lieu avec les personnels à ce sujet, ni d’ailleurs sur la question des statuts de l’école.
Pour finir, des problèmes matériels se sont ajoutés à ce contexte peu mobilisateur (diffusion de l’information aux étudiants sur des listes qui n’étaient pas actives, usagers en stage pendant les périodes électorales, etc).
Ce manque criant de transparence, cette improvisation continue et cette absence de prise en compte des représentants du personnel pour l’organisation des élections, sont de très mauvais augure pour le travail à venir dans l’ESPÉ.

Mary David, enseignante à l’ESPÉ
Académie de Nantes
Le 14 novembre 2013