CFEM : Pour un soutien institutionnel fort à l’enseignement des mathématiques : des décisions ministérielles attendues

mercredi 3 décembre 2014
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CFEM : Pour un soutien institutionnel fort à l’enseignement des mathématiques : des décisions ministérielles attendues

La CFEM a rencontré a plusieurs reprises, ces deux derniers mois, le cabinet de la Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans la perspective d’un plan stratégique de soutien à l’enseignement des mathématiques. Les constats faits, par les uns et les autres, concernant les difficultés que rencontre actuellement l’enseignement des mathématiques, ont été largement convergents. La nécessité d’un soutien institutionnel fort est aussi partagée. Nous espérons que ce soutien sera à la mesure de nos attentes : quelques conditions nous semblent importantes à réunir (p. 3).

(Extrait de l’éditorial de Luc Trouche, Lettre de la CFEM de décembre 2014)

Un plan pour l’enseignement des mathématiques...

Les difficultés que rencontre l’enseignement des mathématiques aujourd’hui (des inégalités qui se creusent dans les apprentissages, des problèmes de recrutement des enseignants) rendent nécessaire un programme institutionnel de soutien à cet enseignement. Pour qu’il soit efficace, ce plan devrait réunir au moins trois conditions.

1) S’appuyer sur la mobilisation des acteurs

Il y a près de 50 ans, étaient créés les IREM, portés par une mobilisation des mathématiciens, des didacticiens, des enseignants et de leurs associations (Barbazo 2010, Gispert 2014). Le point de vue de Fabrice Vandebrouck (p.1) met en évidence le potentiel de ces instituts. S’appuyer sur ce potentiel, plus largement donner les moyens à tous les enseignants concepteurs de ressources de développer leur créativité au bénéfice de la communauté, c’est une première condition de réussite de tout plan de soutien.

2) Y mettre les moyens...

Pas de plan sans moyens. Il en faut pour encourager les étudiants à devenir enseignants. Au moment de la création des IREM, un pré-recrutement des enseignants avait été mis en place (il s’agissait à l’époque des IPES). C’est sans doute d’un tel plan que nous avons besoin aujourd’hui. Et la formation continue des enseignants doit également retrouver les moyens sans lesquels elle ne pourra pas assurer les missions qui sont les siennes.

3) Penser dans la durée le développement de ce plan

Les manifestations de soutien à l’enseignement des mathématiques n’ont pas manqué dans la période récente : mise en place en 1998 d’une commission nationale de réflexion sur l’enseignement des mathématiques (Kahane 2002) ; organisation en 2012 d’une conférence nationale sur l’enseignement des mathématiques à l’école et au collège (voir la page sur le site de la CFEM dédiée à ces études)... Le problème est que ces rapports sont restés sans suite...

S’il veut être vraiment stratégique, un plan de soutien doit être pensé dans la durée : penser la programmation, sur plusieurs années, des recrutements d’enseignants (pour éviter les effets d’accordéon, voir ici la position de la CFEM), penser l’ajustement continu des programmes en s’appuyant sur des dispositifs de suivi, penser les évolutions nécessaires en s’appuyant sur l’expérience des acteurs, les études internationales (Artigue 2012) et le développement de la recherche (par exemple les études ICMI)...