Témoignage d’un formateur ESPE du Mans

mercredi 26 novembre 2014
popularité : 81%

Témoignage d’un formateur ESPE du Mans

Refondation de l’Ecole et Formation des maîtres : an II.

A ce moment de l’année universitaire, les étudiants en M1 MEEF EPD en sont à une douzaine d’heures de formation EPS, au sein de l’UE Savoirs disciplinaires.
Depuis la rentrée,
- identifier ce qu’est cette discipline scolaire, son histoire, ses fondements…
- établir des liens avec les textes officiels,
- procéder à une analyse didactique faisant suite à une pratique (hyper accélérée par manque de temps mais pour que la démarche ait du sens en s’appuyant sur les sensations fournies par le vécu)
- se projeter dans d’éventuelles mises en œuvre pédagogiques
constitue un résumé succinct de l’activité menée avec ces étudiants.

Mais, bien entendu la présence du concours en fin d’année nous a conduit à mener de pair une présentation – analyse des épreuves du CRPE :
- Les textes de cadrage
- Le compte-rendu de jury de la session 2014
- Les “spécificités” de l’épreuve dans notre académie
- L’approche méthodologique de cette épreuve orale
- Une première approche de l’étude d’un sujet
a complété le menu.

Même avec l’expérience de l’an I de cette réforme, le bilan est le même : la présence du concours en fin de première année nous amène obligatoirement à un survol de ce qui devrait être une véritable formation. Les origines diverses et multiples de nos étudiants nous obligent à poser cette approche de l’EPS … puis, très vite, devant le nombre d’heures de la maquette (36h pour l’ESPE de l’académie de Nantes) la prépa concours l’emporte.

Résultats :

Issus de cette première année avec la réussite au concours les M2 “rament” on ne peut plus à préparer et gérer leur classe … car la formation professionnalisante est quasi absente d’une année consacrée aux épreuves écrites et orales du concours.

Pour les moins chanceux, non lauréats au CRPE, soucieux de la validation du M2, ils sont quelque peu “déboussolés” :
- toujours pas de classe en responsabilité lors des stages
- peu d’heures de la maquette consacrées à la “repréparation du concours”
- l’exigence du mémoire et pour beaucoup la gestion de l’emploi du temps à ajuster avec le nécessaire petit boulot pour boucler le budget
tel est leur parcours.

Ce constat “côté étudiants”, s’il est ici dressé sommairement par un formateur, ne présente pas de facette réellement satisfaisante non plus pour ce dernier.

Réduire la partie formation professionnelle à une partie si minime ne donne pas de sens à cette “entreprise”. Parce-que la préparation au concours est un passage obligé, ne permet pas à un jeune futur enseignant d’être doté en début de carrière de suffisamment de :

- maîtrise didactique des APSA à enseigner,
- de capacité à préparer sa classe (programmation – progression séance), à anticiper sur les méthodes à solliciter pour mettre les élèves en apprentissage, à comprendre ce qui se passe, à différencier les approches, à évaluer ses élèves, leurs apprentissages et sa propre activité d’enseignant …
- bref, d’enseigner en étant dans une autre posture que constamment “la tête dans le guidon”,

cette réforme ne conduit qu’à des débuts de carrière dans la douleur.