Témoignage d’un stagiaire de Poitiers

dimanche 23 novembre 2014
popularité : 61%

Mon ressenti sur la formation, depuis l’année de M1, c’est d’être dans l’urgence en permanence. En M1, le double objectif de l’année à savoir, préparer au concours et préparer à enseigner oblige à avoir une masse énorme d’informations via les cours, impossible à traiter dans son ensemble...
Ce qui conduit à des stratégies diverses pour les étudiants : pour ma part, j’ai privilégié ce qui me semblait essentiel pour le concours, que j’ai eu, mais sans approfondir tout le reste, qui est réellement utile pour se préparer à enseigner...
Le résultat est que cette année, je suis en stage à mi-temps, en maternelle, et depuis septembre, je patauge... Je ressens le besoin, par exemple, de lire des ouvrages de didacticiens, dans de nombreux domaines, mais avec l’urgence de préparer 2 jours à 2 jours et demi de classe par semaine, je ne trouve pas le temps de le faire. Je suis toujours dans l’ action, la préparation, sans avoir la possibilité, à la fois en terme de temps et de disponibilité intellectuelle pour prendre du recul sur ma pratique de classe. Le stage à mi-temps est à mon sens trop important en terme de temps de classe, puisqu’ajouté au temps de formation du master sur 2 jours et demi, mercredi après-midi inclus, nous n’avons plus que les soirées et les week-ends pour préparer la classe et travailler pour le master, ainsi qu’un mercredi matin sur deux, et pour ma part, cela n’est pas suffisant (et je ne parle pas de ma vie privée...)

C’est réellement une situation très inconfortable que celle de stagiaire M2. La deuxième année de master permet un début de réflexion, sur le plan des échanges qu’elle permet et d’un début de prise de recul et de réflexion sur la pratique. Mais les contenus que nous avons eu en M1, dans de nombreuses disciplines seraient utiles aujourd’hui, pour en profiter pleinement dans les situations d’enseignement.
De plus, la majorité des contenus sont axés sur le cycle de notre stage, ce qui est sans doute important pour cette année de stage, mais nous serons amenés à enseigner dans tous les cycles, et nous avons peu de contenus de cours et pas de stages (si ce n’est ceux du M1, d’observation et de pratique accompagnée) dans les autres cycles. Cette année de stage est loin d’être complète en vue de la préparation au métier d’enseignant, à m on point de vue

Comme nous l’avions soulevé l’an dernier, l’enchaînement entre l’obtention du concours et le début du stage de PES, à mi-temps dans les classes ne permet pas de commencer à enseigner dans des conditions sereines. Il me parait important de prévoir du temps, au minimum un semestre universitaire permettant à la fois d’aller observer ce qui se passe dans les classes et d’avoir à ce moment-là les contenus d’enseignement sur les disciplines, l’apprentissage de la construction de son enseignement, la gestion de classe, avant d’aller en stage de pratique, peut-être avec un stage filé dans un cycle et d’autres stages dans les autres cycles, pour préparer réellement au métier d’enseignant polyvalent.

Voilà pour ma part, le tableau est sans doute un peu noir, je passe de très bons moments en classe et j’apprends, sans aucun doute, mais en ce moment, la fatigue aidant, sans doute, je me demande un peu à quel prix...

Cordialement,