Situations urgentes : le SNESUP s’adresse au ministère

dimanche 19 octobre 2014
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SNESUP-FSU SYNDICAT NATIONAL DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
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Paris, le 17 octobre 2014

à Monsieur Jean-Michel JOLION
Chef du Service de la Stratégie de
l’Enseignement Supérieur et de l’Insertion Professionnelle
Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche

Monsieur,

Lors de l’audience du 6 octobre et du colloque CPU du 9, vous nous avez proposé de vous signaler les situations particulièrement difficiles de cette rentrée pour les fonctionnaires stagiaires dans les ESPE. Nous vous remercions de trouver ci-dessous des éléments d’information sur des situations très préoccupantes, qui appellent selon nous une réponse urgente.

Problèmes d’affectation

X (Lettres classiques) est affectée au collège X (45) sur l’académie d’Orléans-Tours alors qu’elle était en M1 sur Limoges l’année précédente. Orléans ne peut délivrer de formation en lettres classiques, Marie suit donc sa formation à Limoges, enseigne à Orléans et jongle entre ces deux académies.

X (Economie-Gestion) a commencé la formation en master 2 à Nantes où il était pré inscrit depuis juin puisque étudiant de M1 de l’ESPE de Nantes. Affecté en EPLE à X dans l’académie de Poitiers, dont l’ESPE n’offre pas la formation en MEEF Economie Gestion, il a sollicité rectorat, puis IEN et ESPE pour obtenir son autorisation d’inscription à Nantes. Accord finalement obtenu (courrier daté du 18/09). Cette démarche a abouti tout récemment pour une autre étudiante dans le même cas (Louison Erb).

Pour X, il y a eu des complications (ESPE Nantes ne veut pas finaliser l’inscription sans accord écrit du rectorat Poitiers, Poitiers pas d’accord sans accord préalable de l’ESPE Nantes... puis information selon laquelle un report serait possible dans l’hypothèse où l’inscription ne se réalise pas dans les temps... demande par le rectorat de Poitiers d’une inscription "en qualité d’étudiant" à l’ESPE de Nantes pour bénéficier d’un éventuel report.... Et toujours maintien en poste en lycée professionnel... aucune nouvelle de report... et la vie qui continue avec ses frais et la fatigue : Nantes Angoulême 2 fois par semaine, 1200 km.

Aujourd’hui, c’est le flou : X est inscrit comme étudiant à Nantes, a payé son inscription, suit la formation depuis début septembre tous les mardis et mercredis à l’ESPE... sur demande du rectorat de Poitiers pour obtenir un éventuel report qui n’est pas venu. Il reçoit cependant le 15 octobre un message de l’inspectrice (IEN Economie Gestion) lui reprochant son absence à une journée de formation sur Poitiers, et l’informant qu’elle va transmettre cette absence aux services concernés (menace sur le salaire ?).

X (EPS) : n’a pas validé tout son M1 (Poitiers), affectée à Créteil. En report de stage alors que sur Poitiers la possibilité lui était offerte de terminer son M1 en validant son M2.

X (Sciences de l’ingénieur) : diplôme d’ingénieur mais pas d’expérience d’enseignement, pourtant affecté à Versailles. Père d’un nouveau-né de 9 mois au moment de l’affectation.

X (CPE) : inscrit en juin en M2 à La Réunion et affecté à Paris. Plusieurs courriers sans réponse. X a déjà dépensé plus de 2000 euros (billet d’avion et loyer sur Paris) pour être présent lors de cette rentrée.

X (Anglais) : habite dans les Landes, mère de deux enfants petits. Elle souhaite un contrat d’aménagement d’études lui permettant de venir une semaine sur deux.

Parcours adaptés

Question générale : Qu’est-il prévu pour les étudiants réussissant le 3ème concours mais n’ayant pas le diplôme suffisant pour être admis en master ?

Paiement des frais d’inscription par les FS

Il est confirmé que des fonctionnaires stagiaires s’inscrivant en MEEF 2 ont eu à payer, non seulement l’inscription mais aussi la sécurité sociale étudiante (même si ces FS ont expliqué qu’ils seraient à la MGEN), ce qui porte les sommes déboursées à plus de 400 euros. Il semble que les cas soient concentrés sur la scolarité de Paris 8 (qui n’a pas dû bien recevoir ou saisir toutes les informations). Un fonctionnaire-stagiaire a dû produire une attestation du fait qu’il était boursier pour ne pas avoir à payer son inscription et la sécurité sociale. Il a de plus été dit par la scolarité de Paris 8 à ces FS qui ont payé leur inscription qu’ils seraient remboursés soit en décembre, soit en mai, selon qu’ils avaient réglé en espèces ou en chèque (?!). La direction du second degré de l’ESPE va lancer très vite une enquête systématique auprès des fonctionnaires-stagiaires en passant par les coordinateurs des différents parcours.

Maintien des sites

Le cas de Melun : la grêle a endommagé les toitures le 10 juin, l’UPEC a immédiatement été avertie et sollicitée, mais en septembre aucune réparation n’avait été entreprise (au motif que l’UPEC ne pourrait avancer la somme de 70 000 euros (les dégâts s’étant aggravés depuis évidemment)).

L’UPEC a-t-elle l’intention de maintenir ce site, qu’elle a déclaré obsolète (mais surtout trop grand) ? Elle a un projet de reconcentration de différents sites sur celui de Melun-Sénart (beaucoup moins accessible que Melun centre qui est à 10mn de la gare, 35 mn de la gare de Lyon !), mais les bâtiments ne sont pas sortis de terre, ni même dessinés et encore moins financés...

La question du financement

Des étudiants ex-contractuels de l’éducation nationale en situation de chômage, qui se sont inscrits dans nos Masters MEEF, se voient supprimer les allocations par Pôle Emploi. Cela provoque l’abandon d’étudiants (alors même que certains masters, Biotechnologies Toulouse par exemple, préparent à un concours où les chances d’être reçus sont très élevées).

De manière générale, le fait qu’un chômeur, qui suit une formation à l’université dans le but d’améliorer ses chances de trouver un emploi, perde ses droits, et que les frais de formation ne soient pas systématiquement pris en charge dans les cas de reprise d’études (y compris démarche VAPP) est problématique et dommageable. Les réponses apportées aux étudiants sont variables d’une académie à l’autre, et même d’un conseiller Pôle emploi à un autre.

Pourtant, si ces personnes deviennent enseignants, tout le monde y gagne : Pôle emploi, l’employeur, les élèves, l’étudiant... Ce qui est fort appréciable en période de crise de recrutement. Certaines universités ont pu signer une convention avec Pôle emploi pour certains diplômes (par exemple M1 MEEF PE et M1 MEEF 2d degré maths à Poitiers) mais cela reste limité et n’est pas le cas de toutes les universités. Il s’avère aussi nécessaire, dans le même esprit, de travailler rapidement à des conventions entre rectorats et universités pour les personnels enseignants souhaitant valider un master MEEF par les acquis de leur expérience (VAE) et qui se voient obligés de financer par leurs propres moyens l’accompagnement proposé par l’université.

Cordialement,

Claudine KAHANE, Co-secrétaire générale SNESUP
Thierry ASTRUC – Muriel CORET, pour le Collectif FDE SNESUP