Témoignages ESPE Grenoble

jeudi 18 septembre 2014
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Témoignage n°1
La rentrée de l’ESPE, au moins vue de Chambéry, a été décrite comme « pire que l’année dernière ». La désorganisation est aggravée par l’abattement de nombreux collègues qui n’en peuvent plus des réformes permanentes et des demandes ubuesques (du ministère, du rectorat, de l’université ...) ; par exemple de nombreuses responsabilités ne sont tout simplement pas pourvues.
Un exemple : il a été demandé en fin d’année dernière de concevoir, en dernière minute (presque littéralement : le délai se comptait en jour, voir en dizaines d’heures) et sans moyens, une maquette pluridisciplinaire (math-physique je crois) puis de la mettre en oeuvre alors que rien ne tient debout.Une nouvelle recrutée a démissionné (probablement pour retourner dans le secondaire) à l’issue d’une réunion de rentrée, voyant à quel points la désorganisation est totale (où met-on les étudiants ?
Comment organise-t-on les stages ? etc. personne ne sait).
Un autre exemple : le rectorat, officiellement sous couvert de la loi informatique et liberté, refuse de fournir les listes d’étudiants en stage, de leurs tuteurs et de leurs établissements. Les seules information disponibles aux enseignants sur les étudiants dans leurscours sont... de constater qui vient en cours.
Bref, ça prend des proportions plus qu’inquiétantes, et les conséquences risquent d’être difficile à cacher...
Témoignage n°2
Quelques éléments rapides concernant la rentrée ;
Des problèmes d’organisation épouvantables, dus à la précipitation des réformes accumulées. Emploi du temps pas finis, mcc pas finalisées etc.
Plus grave : compte tenu du rôle accru du rectorat (et des heures qu’il faut leur céder), et alors que les étudiants ont un nbre d’heures de cours record, nous (ie enseignants Espé) les voyons moins (réduction absurde du nbre d’heures, en philo on intervient sur des volants de 6h dans les UE dans lesquelles nous sommes ....), les edt sont bloqués, d’où transformation des td en amphi. Ce qui règle certes les pbs d’intendance, mais pas la qualité de l’enseignement ...
Plus grave encore (et j’arrête là ...) la logique d’organisation de la formation des enseignants. J’ai déjà parlé de la présence du rectorat : le futur employeur participe à la formation, l’évalue avant même que les étudiants ne deviennent enseignants. Confusion des genres dommageable ; faut-il rappeler que les critères de l’employeur ne sont pas forcément ceux (théorique, validé "scientifiquement" etc.) d’une formation universitaire ? Pour la philo je pense très concrètement à des différences d’approche très précises, concernant la laïcité par exemple (catéchisme rectoral contre complexité scientifique pour aller très vite). La formation des enseignants n’est plus pensée que (j’accentue un peu le trait ...) de manière administrative, formelle (connaître les textes réglementaires=LE critère), étroitement pragmatique. Il faut pouvoir "prendre la classe en main" ; rien au-delà. C’en est déprimant.
Témoignage n°3
Je rejoins le constat sur la désespérance des personnels : rotation de plus en plus rapide chez les BIATOS, écoeurement des enseignants. Le rectorat a clairement repris la main sur la formation face aux tensions interU pour probablement revenir sur les errements du passé du début des IUFM vu ce qu’il envisage : là aussi l’histoire bégaie !
S’ajoute à ça la pression de l’UJF (NDLR : université intégratrice) par le biais de la direction pour une réduction des heures qui relève de l’obsession. Ainsi en terme de temps de travail étudiant, le mi temps en classe pour les stagiaires que nous dénonçons depuis le début comme trop lourd n’est surtout pas remis en cause, mais le diplôme lui est toujours présenté comme trop lourd. Les PRP quant à elles sont toujours trop grosses si bien que certaines UE tournent sans responsable pédagogique et que le master MEFF 1er degré sur l’antenne de Grenoble tourne actuellement sans responsable faute de volontaires.
Témoignage n°4
Pour le premier degré
- contrairement à ce que nous pensions, pas de baisse d’effectifs en M1 ; les TD sont donc tous à des effectifs de 30 à 35 ;
- en M2 augmentation des effectifs, puisqu’on cumule les lauréats du concours et lauréats du M1 sans concours. En M2 aussi les effectifs dépassent donc régulièrement 30 dans les TD, avec des publics très hétérogènes ayant des besoins très différents : M2 titulaires du CRPE donc stagiaires et suivant tout le M2, M2 déjà titulaires d’un master et admis, M2 non titulaires du CRPE mais admissibles ayant un stage (1 jour par semaine), M2 non titulaires du CRPE mais admissibles sans stage à l’année, M2 non titulaires du CRPE et non admissibles sans stage à l’année. Les trois dernières catégories ayant des UE de re-préparation du concours. Tous sont dans les mêmes groupes de TD surchargés : être pertinent pour tous dans ces conditions relève de la quadrature du cercle.
Pour le second degré
Mêmes constats à ce bémol près que les effectifs sont très variables d’une discipline à l’autre ce qui peut faciliter un peu les choses.|