Les contractuels, Pôle-emploi, et la ministre : SNUIPP93

samedi 18 octobre 2014
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Communiqué du SNUipp-FSU 93

« Les contractuels, Pôle-emploi, et la ministre »

Madame la ministre de l’Education nationale vient d’annoncer des mesures « pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des enseignants contractuels dans les meilleurs délais » en Seine Saint-Denis, avec essentiellement la création d’un poste d’inspecteur du 1er degré en charge de cette mission.

La ministre de l’Education nationale est bien obligée de prendre en compte les inquiétudes légitimes des enseignants, portées par le SNUipp-FSU 93 : ceux-ci ne peuvent accueillir 300 personnels dans les écoles maternelles et élémentaires du département, sans un minimum d’accompagnement de l’institution.

Mais la Seine Saint-Denis forme déjà 1000 stagiaires dans le premier degré cette année, sans compter le nombre très important de jeunes titulaires : la création d’un seul poste d’inspecteur ne suffira pas à encadrer et former ces contractuels de manière satisfaisante, puisque les maîtres-formateurs et les conseillers pédagogiques sont déjà débordés.

Par ailleurs, les annonces de la ministre génèrent une nouvelle inquiétude : celle de voir le recours à des personnels précaires s’institutionnaliser.

Avec les enseignants du 1er degré de Seine Saint-Denis, le SNUipp-FSU 93 le dit clairement à la ministre : nous n’accepterons pas la pérennisation du recrutement de contractuels en lieu et place des enseignants titulaires.

Pour faire face à la crise du recrutement, des solutions existent. Le SNUipp-FSU 93 exige l’ouverture de discussion sur :

  • des pré-recrutements qui permettraient qu’un nombre suffisant de candidats se présentent aux concours de professeur des écoles dans les années à venir ;
  • les conditions de logement des enseignants, particulièrement dans les zones où se concentrent les postes vacants ;
  • les conditions d’enseignement : la moyenne des élèves par classe en Seine Saint-Denis a atteint cette année 24,11 et est donc largement supérieure à la moyenne nationale, alors même que notre département cumule de nombreuses difficultés. Pour mémoire, la baisse des effectifs est la 1ère revendication des enseignants ;
  • la revalorisation salariale des enseignants du 1er degré : commencer à 1300 euros par mois avec un bac + 4 n’est effectivement pas une motivation suffisante pour s’engager dans ce métier difficile ;
  • le respect des droits des personnels dans les académies déficitaires : plus de temps partiels à 80%, restriction de tous les droits (temps partiels, disponibilités, détachements, mutations, congé formation, formation continue, etc.).

Ces solutions nécessitent que la dépense d’éducation, comme toutes les dépenses relatives à la fonction publique et aux services publics, soit enfin considérée comme un investissement pour la Nation et non plus comme une charge. Le débat budgétaire s’ouvre au parlement : les enseignants attendent des actes !