Pour un véritable mémoire de master accompagné d’une formation à/par la recherche dans les master

mercredi 19 mars 2014
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Pour un véritable mémoire de master accompagné d’une formation à/par la recherche dans les master
Yann Lhoste, SNESUP-FSU, MCF, didactique des SVT, Univ. Bordeaux, ESPE d’Aquitaine

Nous défendons l’idée que l’un des enjeux de la réforme de la formation des enseignants qui s’inscrit dans l’idée qu’« enseigner est un métier qui s’apprend », est de réussir à asseoir les master MEEF sur un travail de formation à/par la recherche conduisant à la rédaction et à la soutenance d’un véritable mémoire de master qui ne soit ni un simple rapport de stage, ni un mémoire de recherche tel que l’exigent certains master « recherche ». Pour développer rapidement ce que nous entendons par mémoire de master, nous nous appuierons sur l’expérience des mémoires de master que nous avons mis en place avec des collègues de l’université de Bordeaux lors de la précédente réforme.
La rédaction du mémoire de master et la soutenance permettent d’évaluer une unité d’enseignement dans laquelle s’inscrivent des enseignements de didactique des SVT. Ce travail, qui doit conduire à la rédaction et la soutenance d’une mémoire de master, est conçu comme une formation à/par la recherche. Il ne s’agit pas, dans cette unité de formation, d’une initiation à la recherche en didactique des SVT telle que l’on pourrait la pratiquer dans le cadre d’un master recherche en didactique des sciences. Dans ce dispositif, la recherche n’est pas une fin en soi, mais elle est subordonnée à la formation professionnelle. La construction de compétences professionnelles est bien la finalité visée par cette formation à/par la recherche, avec l’idée que la formation professionnelle doit être en lien avec les travaux de recherche en éducation conduits sur les questions abordées, ce qui nous semble être une condition à une formation professionnelle universitaire.
Ainsi, selon nous, un « master enseignement », implique nécessairement un travail personnel des étudiants sur leur pratique professionnelle, mais pas n’importe quel travail… C’est en cela que notre proposition s’écarte de la réalisation d’un simple rapport de stage. Comme le rappellent Vincent Carette et Bernard Rey, « des savoirs (ceux produit par les recherches en éducation au sens large du terme, note de l’auteur) sont indispensables, non pas en ce qu’ils disent ce qu’il convient de décider à chaque moment de la pratique, mais parce qu’ils apportent au professionnel une catégorisation de la réalité. Toute compétence exige une catégorisation de la réalité. Pour interpréter l’erreur d’un élève, les difficultés rencontrées par un autre, le désintérêt d’une classe pour un cours, pour interpréter sa propre façon de conduire une leçon, le professeur a besoin d’un système de catégories. Celles-ci pourraient être empruntées à la pensée commune ou pénétrées des conceptions et des préjugés que possède à titre individuel l’enseignant. Nous trouvons préférable qu’elles proviennent des recherches scientifiques ». Ainsi pour que les étudiants puissent dire quelque chose de leur pratique, même débutante, il faut leur fournir des outils d’analyse de cette pratique. Si l’on veut que ce travail d’analyse participe à la formation au niveau master, ces outils doivent être empruntés aux travaux issus de la recherche en éducation sur les questions abordées. Ainsi, même s’il ne s’agit pas d’une initiation à la recherche au sens de « qui cherche à produire de nouveaux savoirs », cette formation à/par la recherche est en lien avec la recherche puisqu’elle lui emprunte des concepts, des outils d’analyse, des méthodologies de traitement des données issues de la pratique… En cela, il s’agit d’un travail de rédaction d’un véritable mémoire de master qui implique également un accompagnement du travail au plus près des étudiants dans le cadre d’enseignement qui prennent en charge ce dispositif.